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Publié par Philou

Je vous ai déjà parlé de Jean Delahaut, cet ardent défenseur de notre terroir. Vous pouvez retrouver les billets qui lui ont été dédiés ici et ici.

J'ai eu l'occasion de rencontrer ce grand bonhomme lors d'un concours de cuisine où je me suis vu décerner un prix et c'est lui qui me l'a remis.

Jean Delahaut

Je lui dois en partie mon amour pour les traditions culinaires de nos belles régions et c'est lui qui m'a appris que terroir rime avec nature, saveurs et traditions.

Je voudrais une fois de plus préciser que cet amour n'a rien à voir avec un quelconque chauvinisme. Il se fait que j'aime le terroir Liégeois car c'est celui que je vis au quotidien, celui que je connais le mieux. J'aurais très bien pu me battre pour les terroirs flamands, français ou autres car dans chacun on retrouve la même lueur dans les yeux des gens qui le font vivre.

Je voudrais partager avec vous un petit texte extrait d'un des livres de Jean Delahaut « Gastronomie Wallonne d'Hier et d'Aujourd'hui ».

Jean Delahaut raconte :

 Le petit verre

-        « Le café s'appelait « Chez Grégoire ». C'était un bistrot à l'ancienne manière, avec des tables brunes déformées pas les couches successives de vernis et des chaises à accoudoirs ronds dans lesquelles on se sentait bien.

L'ambiance y était chaleureuse ; la patronne, Lydie, y était sympathique. Elle cuisinait à merveille et les chasseurs aimaient y déguster le produit de leurs chasses. Les clients étaient assidus : on y devisait gaiement sous un grands tableau naïf pendu au mur où l'on voyait des joueurs de cartes dont l'un tendait à son partenaire, entre ses orteils, sous la table, la carte de la victoire.

Malgré la loi Vandervelde(*), le genièvre coulait à flots. On le servait à ras bord dans des petits verres à pied qui  vidaient d'une seule lampée. Mihien était un des clients assidus de l'estaminet. Il avait sa table, sa position, son franc parler. Il adorait faire des blagues aux clients. Un jour, il y avait du monde... Mihien s'installe après un vibrant : « Bonjour la compagnie ! »

Et tout de suite, la serveuse lui apporte sa « goutte ». Mais, par facétie, pour voir sa réaction, on lui donne un tout petit verre, un verre d'enfant, retrouvé par hasard en nettoyant le grenier.
Mihien regarde le verre, ne dit pas un mot, attend quelques instants pour que l'attention de tous soir portée sur lui. Mihien regarde le verre, ne dit pas un mot, attend quelques instants pour que l'attention de tous soit portée sur lui.

Il prend le verre, le hume, le vide d'un trait puis se lève.
Il se dirige vers la fenêtre, l'ouvre toute grande, puis dans un geste théâtral, jette le verre dans la rue en s'écriant :
« Té, non di Dju, t'è trop p'tit po vnu ô cabaret, ti !»**

C'est ainsi qu'en 1930, on bafouait les minorités... »

(*) La loi Vandervelde ou la loi des deux litres
Emile Vandervelde, député du Parti Ouvrier Belge, avait été frappé par l'alcoolisme qui régnait chez les mineurs à la sortie des charbonnages.
En effet, les mineurs se rendaient directement après être sortis des mines directement dans les estaminets où ils y buvaient des petites gouttes de pékèt. (la goutte désigne un petit verre d'une contenance de +/- 3 cl). Les gouttes se boivent d'une traite et aussitôt bues, aussitôt remplies, aussitôt remplies aussitôt vidées. La maigre paie était également vite évaporée !

La loi Vandervelde interdit donc de servir de l'alcool dans les cafés et imposa dans les magasins la vente par deux litres (ce qui n'était pas à la portée des bourses des ouvriers).

C'est ainsi également que l'on vit disparaître de nos régions la distillation de fruits. On cessa de faire de la prune ou de la mirabelle en Belgique.

(**) « Tiens..., tu es trop petit pour venir au cabaret,toi »


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mark 03/08/2008


Dades e schuun vertelselke*

* c'est une belle histoire

Moi aussi j'en raffole deS terroirs et de leurS histoires.

fabienne 05/08/2008


...et puis sur ton blog, elle a comme un petit goût de... chez nous! On est bien ici tout de même tu ne trouves pas! Je t'embrasse et je pense fort fort à toi pour les secrets de chef.